Illustration d'un mini ordinateur portable avec un écran affichant une tête de mort.

Oh no!

DESIGN IS DEAD

Une approche puriste limitante

Sara Soueidan est sans conteste l’une des voix les plus respectées du front-end ( HTML, CSS, SVG, accessibilité). Elle prône une approche légère, épurée, axée sur la lisibilité du code et l’absence de dépendances superflues. Autrement dit, le vanilla web dans toute sa rigueur. Mais cette rigueur, aussi admirable soit-elle, montre très vite ses limites.

En refusant presque systématiquement les outils modernes (frameworks, bundlers, design systems complexes), Sara défend un idéal difficilement transposable dans des environnements réels à grande échelle, où industrialisation et collaboration sont clés. L’approche artisanale qu’elle promeut fonctionne dans des contextes maîtrisés, mais peut paraître déconnectée des enjeux d’un produit tech déployé à grande échelle.

Idéaliste non ?

De la théorie à la pratique

Sara Soueidan se revendique également comme une spécialiste de l’expérience utilisateur, un domaine qu’elle relie à la lisibilité du code, à l’accessibilité et à la cohérence des interfaces. Mais à parcourir son propre site, difficile d’en être pleinement convaincu.

Par exemple, la navigation principale ne suit pas le défilement de la page, et le seul moyen de la retrouver est de cliquer sur un petit oiseau perché en bas à droite de l’écran. Une interaction qui manque clairement d’intuitivité.

Sur mobile, les choses se compliquent davantage. La navigation se réorganise de façon un peu “aléatoire” et perd en clarté. Quant aux paragraphes, la police d’écriture semble plus petite que la norme et rend la lecture pénible pour les personnes avec des problèmes de vue. Mon papa qui pourtant porte des lunettes et s’aide d’une loupe, avait beaucoup de mal à lire le contenu.

Méthode datée ou manque d'expérience ?

Une identité visuelle quasi inexistante

À cela s’ajoute une esthétique extrêmement sobre, presque austère.

Le site de Sara, tout en monochrome, ne dégage ni chaleur ni personnalité marquante. Les visuels sont rares, les éléments graphiques absents, et aucun choix formel ne semble vraiment porter une vision ou une identité. Le site est vite oublié et ne laisse ni trace visuelle ni émotionnelle.

Le seul élément graphique reconnaissable, c’est son logo.

Screenshot du site web de Sara Soueidan. Screenshot du site web de Sara Soueidan.

Peut-être un peu de couleurs...

Accessibilité VS Design : faut-il vraiment choisir ?

Cette question mérite vraiment qu’on s’y attarde : faut-il vraiment tuer le design au profit de l'accessibilité ?

Peut-on parler d’expérience utilisateur sans prendre en compte le ressenti, la clarté visuelle, ou l’attrait émotionnel ?

Et surtout, ne peut-on pas imaginer un web où l’utile et le beau coexistent, où l’inclusivité ne signifie pas forcément austérité ?

Ce dilemme, entre rigueur technique et sensibilité graphique, mérite d’être posé, surtout quand on parle d’exemplarité. Après tout, l’accessibilité est un droit fondamental, mais le design reste un langage universel. Alors, un bon design ne devrait-il pas pouvoir toucher tout le monde, autant par sa fonction que par sa forme ?